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14 août 2026

Comment TILDA aide les institutions financières à renforcer la lutte contre la fraude

Les fraudeurs n'agissent généralement pas dans les limites d’une seule banque, d’une seule organisation, d’un seul secteur ou d'un seul pays. Les informations nécessaires pour détecter et stopper une fraude sont donc souvent fragmentées. La banque de la victime peut repérer un paiement suspect, tandis qu’un autre établissement identifie le compte bénéficiaire. D’autres organisations peuvent quant à elles disposer d’indices essentiels permettant de reconstituer le contexte ou de relier différents incidents.

Avec TILDA, Isabel met en place une nouvelle infrastructure neutre et sécurisée qui permet aux institutions financières de détecter la fraude plus rapidement, de mener des investigations conjointes et de partager en toute sécurité les informations et signaux de fraude pertinents.

TILDA occupe une place centrale dans le plan d’action sectoriel contre la fraude de Febelfin(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre), élaboré à la demande de Rob Beenders, ministre de la Protection des consommateurs, de la Lutte contre la Fraude sociale, des Personnes handicapées et de l’Égalité des chances. La plateforme aide également les institutions financières à se préparer aux futures obligations européennes en matière de prévention de la fraude et d’échange d’informations dans le cadre du Règlement sur les services de paiement (RSP). 

Pourquoi la collaboration est essentielle 

La fraude s'inscrit souvent dans une chaîne d’actions impliquant plusieurs acteurs. Tout commence généralement par une tentative de manipulation par le biais d'un faux message, d’un appel téléphonique frauduleux ou d’une publicité trompeuse. Ensuite, la victime est amenée à réaliser un paiement vers un compte détenu par un autre établissement financier. 

Lorsque chaque organisation ne dispose que d'une vision partielle de cette chaîne d’évènements, il n’est pas toujours simple de se faire rapidement une idée générale de la situation. En rassemblant les informations pertinentes de manière sécurisée et structurée, les établissements peuvent identifier plus rapidement les liens entre différents signaux et intervenir de façon plus ciblée. 

Pour lutter contre la fraude, il faut commencer par parler le même langage. Nous devons non seulement savoir qu’une fraude a été commise, mais aussi le type de fraude et comment le fraudeur a procédé.

Tim Van der Wee

Un langage commun pour lutter contre la fraude 

Pour collaborer efficacement, les différentes parties doivent également être en mesure de définir la fraude dans les mêmes termes. Or, aujourd’hui, les organisations n’utilisent pas toujours les mêmes notions lorsqu'elles enregistrent des cas de fraude. Cette diversité complique la comparaison des dossiers, l'identification de schémas récurrents et l’évaluation précise de l’ampleur de la fraude. 

TILDA prévoit une taxonomie standardisée de la fraude et un cadre commun décrivant le mode opératoire des fraudeurs. La taxonomie permet de qualifier les faits qui se sont produits, tels que l’hameçonnage (phishing), l’usurpation d’identité ou la fraude à l’investissement. Le mode opératoire décrit quant à lui comment le fraudeur a procédé concrètement. 

Ce référentiel commun permet aux institutions financières de classer les dossiers de manière plus cohérente, à établir plus facilement des liens entre cas de fraude similaires et à identifier plus rapidement les méthodes récurrentes. 

Mener des enquêtes conjointes sur la fraude 

TILDA facilite également la conduite d'enquêtes conjointes sur la fraude entre institutions financières. Une première application concrète concerne la lutte contre les comptes mules. 

Lorsqu’une institution financière identifie une transaction suspecte, elle peut, grâce à TILDA, demander à l’établissement du bénéficiaire d’examiner le compte concerné. Si celui-ci est confirmé comme compte mule, un signal de fraude vérifié peut être partagé avec les autres institutions participantes. Elles peuvent alors vérifier si des transactions ou des comptes liés apparaissent également dans leurs propres systèmes.

TILDA favorise ainsi l'échange sécurisé d'informations pertinentes, sans pour autant automatiser la prise de décision. Chaque institution financière demeure seule responsable de son analyse de risques, ainsi que des éventuelles actions à prendre à l'égard d'un client ou d'une transaction.  

Ce n’est que lorsque les institutions peuvent partager des informations sur la fraude de manière rapide, sécurisée et standardisée qu’elles peuvent établir des liens qui ne sont pas visibles au niveau d’une seule organisation. 

Tim Van der Wee

Une plateforme sectorielle, conçue pour l’avenir 

Dans un premier temps, TILDA est développée pour les institutions financières, avec le soutien des actionnaires d’Isabel  que sont Belfius, BNP Paribas Fortis, ING Belgique et KBC. La plateforme est ouverte à tous les prestataires de services de paiement en Belgique. 

L'ambition de TILDA dépasse toutefois le cadre du secteur financier. Isabel explore des pistes de collaboration avec des opérateurs télécoms, des plateformes numériques, des fournisseurs d’identité numérique et le Centre pour la Cybersécurité Belgique. Ces acteurs peuvent apporter des signaux complémentaires qui enrichissent la détection de la fraude. Ils peuvent également contribuer à identifier et neutraliser plus rapidement des sites web frauduleux, des numéros de téléphone utilisés à des fins criminelles ou d’autres infrastructures exploitées par les fraudeurs.

La fraude ne peut pas être combattue par une seule banque, une seule entreprise technologique ou une seule autorité publique agissant isolément. TILDA réunit les parties concernées dans un environnement neutre et de confiance, afin qu’elles puissent échanger des informations plus rapidement et collaborer de manière plus ciblée.

David Demerie

L’environnement de test TILDA est disponible depuis le 26 juin 2026. Un premier projet-pilote réunissant des institutions financières participantes dans un environnement de production est prévu au quatrième trimestre 2026. Avec TILDA, Isabel entend ancrer durablement la coopération en matière de lutte contre la fraude dans les opérations quotidiennes et contribuer à la construction d’un écosystème financier mieux connecté et plus résilient.